Menu
Ambassade de Cuba au Guinea Conakry
(Ambassadeur en Guinée non résident en Côte d’Ivoire)
Culture

Racines La musique La peinture
La poésie Le cinéma La photographie
L’artisanat Architecture L’histoire racontée par les timbres
Fêtes nationales Les cocktails  

 

RACINES

À la naissance de la culture cubaine trois racines principales s'unissent. La première de ces racines est celle des habitants aborigènes, dont le legs ethnique s'est très réduit par l'impact qui a signifié le processus de conquête et  colonisation. Par cette raison, les deux racines d’une très grande signification dans l'ethnos cubain sont l'Espagnole et l'africaine. La première, a été le résultat d'une migration provenant de la métropole, avec des moments d’une plus grande ou moins intensité, qui s'est accentuée le long de toute notre histoire. Aux premiers siècles de la conquête ont prédominé les groupes provenant du royaume de Castille, surtout du sud de l'Espagne. D’autres groupes très importants sont venus, originaires des Îles Canaries, Galice et Catalogne.

La racine africaine laisse une trace très particulière dans processus  de formation de la culture cubaine. Originaires de différents ethnies (Yorubas, Mandingues, congolais, Carabalíes, et Bantou), comme esclaves ont été mêlés dans les plantations en provoquant de nouvelles associations culturelles entre les communautés africaines. Depuis les  plantations, avant l'abolition de l'esclavage, commence le processus de syncrétisme entre la culture des esclaves et celle des maîtres, en donnant le lieu à une culture totalement nouvelle et différente de celle de leurs racines originaires. Dans la définition actuelle de la culture cubaine, ces trois racines conforment la base des traditions, de la culture et la religiosité populaire.

^

LA MUSIQUE

C’est certainement dans la musique que se reflète le plus le tempérament cubain. On dit que dans l’île on parle en chantant, on marche en dansant et on fait la cours en fredonnant les paroles d’une chanson. De tous les arts, la musique est celui qui a connu le développement le plus rapide et le plus marquant. La habanera, genre musical issu de la danza criolla et de la contradanza, a joué un rôle dans la genèse du tango argentin et d’autres genres sud-américains. Des recherches récentes ont montré que le rythme de habanera est déjà présent dans les contredanses de Manuel Saumell (surnommé « Le nationaliste ») - dans La Tedesco, par exemple, dont la première partie a quasiment la forme que revêtirait par la suite le danzón ; même la chanson et la guajira sont en filigrane dans nombre de ses compositions.

Le son et le bolero sont arrivés à La Havane en provenance des provinces orientales, plus précisément de Santiago de Cuba. Le bolero est apparu au début du siècle dernier, avec les œuvres de Alberto Villalón et Sindo Caray, lesquels avaient été grandement influencés par Pepe Sánchez (qui avait écrit Tristezas en 1883).

Même si le répertoire de la Vieja Trova était composé principalement de boleros, d’autres compositeurs tels Orlando de la Rosa et Isolina Carrillo se distinguèrent dans d’autres genres (ces deux-là léguèrent cependant à la postérité un des plus sublimes boleros de tous les temps : Dos gardenias).

Les premiers preuves attestant de l’existence du son montuno remontent à la seconde moitié du XIXe siècle. Le trio Matamoros, dont la longue et importante carrière débuta en 1925 à Santiago de Cuba, est l’auteur de plusieurs chansons cubaines classiques comme Son de la loma, Mariposita de primavera et Lágrimas negras. Peu après, le premier âge d’or du son débuta et des dizaines de sextetos et septetos apparurent, certains d’entre eux commençant même à enregistrer pour des compagnies discographiques américaines. Ces premiers représentants du son furent suivis par d’autres dont Arsenio Rodríguez, Miguelito Cuní, Félix Chapotín et Roberto Faz, tandis que Arcaño y sus Maravillas, La Sensación, La Aragón et d’autres charangas (orchestres de danzón) faisaient danser dans les principaux dancings de la capitale pendant cette première époque qui couvre les années 40 et 50. En 1950, Enrique Jorrín présente La engañadora, le premier cha-cha-cha. En 1952, Pérez Prado écrit son premier mambo.

Le second âge d’or débute dans les années 50 lorsque apparaît sur la scène musicale Benny Moré, un musicien autodidacte de Cienfuegos, qui gagnerait des années plus tard le titre de Bárbaro del ritmo. Ce compositeur et chanteur revitalise la forme traditionnelle en incorporant le son montuno au concept du jazz band. Benny Moré est le musicien cubain qui a le plus influencé l’évolution de la musique cubaine et antillaise.
 
Le triomphe de la Révolution s’est traduit par un saut qualitatif de la musique cubaine dans la mesure où l’enseignement musical s’est socialisé et universalisé grâce à la création d’écoles d’art et d’instituts, et à la mise en place d’une politique globale visant à valoriser les principales richesses de la culture nationale. 
En 1970, naissent Los Van Van, un orchestre de musique de danse doté d’une sonorité particulière et moderne. Plus tard, le son offrirait sa structure à la salsa, laquelle incorporerait en outre des rythmes antillais et des sonorités de la musique des communautés cubaine, dominicaine et portoricaine de New York. La salsa cubaine, genre très connue dans presque tous les pays du monde, s’est développée et a connu son âge d’or à la fin des années 80 et au début des années 90, lorsque sont arrivés à maturation des orchestres comme Los Van Van, Adalberto Álvarez et NG La Banda, et sont apparus des orchestres plus jeunes comme, un exemple parmi d’autres, Paulo FG y su élite, dont le succès ne s’est pas démenti depuis.

^

LA PEINTURE

 

De tous les arts plastiques, la peinture est le plus authentiquement cubain. Elle n’a pas pu se développer de manière continue car ses premières manifestations (les peintures réalisées par les aborigènes dans les cavernes) sont restées sans suite du fait de la disparition de ces populations. La conquête et l’évangélisation imposèrent une peinture de type religieux (associée à la liturgie). Il faut attendre le XIXe siècle, et la fondation de l’académie de San Alejandro (1818), pour voir apparaître dans le pays une peinture faite par les Cubains eux-mêmes et destinée à satisfaire le goût européen de la bourgeoisie locale.   

L’académie de San Alejandro fut créée par la Asociación Económica de Amigos del País, et son premier directeur fut Jean Bautiste Vermay, un peintre d’origine française. Vers 1880, la peinture cubaine suivit une nouvelle tendance : le paysagisme. Les figures les plus importantes de ce mouvement furent Esteban Chartrand et Valentín Sanz Carta. Plus tard, le peintre basque Víctor Patricio de Landaluce allait réaliser les œuvres les plus intéressantes du mouvement costumbrista. Mais l’académisme continuait à régner sur la peinture.

La réaction avant-gardiste des années 20 (du XXe siècle) inaugura une nouvelle époque de la peinture cubaine. Le mouvement moderne eut sa première et plus grande exposition en 1927, sous l’égide de la Revista de Avance. Les initiateurs de l’avant-garde cubaine furent Eduardo Abela, Víctor Manuel, Antonio Gattorno et Carlos Enríquez, entre autres.

Les années qui suivirent furent des années de consolidation du mouvement moderne, notamment à travers la tenue du premier Salon d’Art moderne en 1937. À cette époque déjà, l’œuvre de jeunes artistes laissait présager un renouveau de l’art cubain, qui allait se concrétiser dans l’école dite de La Havane dans les années 40. René Portocarrero, Amelia Pélaez et Mariano Rodríguez firent partie de ce mouvement.

En 1942, Wifredo Lam rentra à Cuba, après un long séjour en Europe et un passage par l’atelier de Pablo Picasso. En 1943, il réalisa l’œuvre qui devait l’immortaliser : La jungle, qui serait acquise plus tard par le M.O.M.A. de New York.

Avec le triomphe de la Révolution, l’enseignement des arts plastiques a été renforcé par la création, en 1962, de l’Ecole nationale des Arts plastiques. Des peintres de talents tels Raúl Martínez et Antonia Eiriz ont intégré le collège enseignant. Quelques années plus tard, en 1976, la faculté des Arts plastiques de l’Institut supérieur d’Art, a été fondée. 

Des œuvres d’artistes tels que Roberto Fabelo, Zaida del Río, Tomás Sánchez, Manuel Mendive et Nelson Domínguez composent le patrimoine le plus important de ces dernières décennies. À ces noms, il faut ajouter ceux d’artistes plus jeunes tels que José Bedia, Kcho et Flavio Garciandía, qui occupent une place privilégiée à l’avant-garde des nouvelles voies empruntées par la peinture.

Au cours des 30 dernières années, la peinture cubaine a montré qu’elle était tout à fait capable d’assimiler les influences les plus importantes de l’art international de façon personnelle et créative, tout en maintenant une position critique vis-à-vis de ses thèmes pour continuer ainsi à défendre l’identité cubaine.    

^

LA POESIE

 

On peut dire que Cuba est une île qui n’a jamais cessé de produire des poètes. La première œuvre en vers, Espejo de paciencia, date de 1608 et a été écrite dans la villa de Puerto Príncipe par le Canarien Silvestre de Balboa. C’est dans la première moitié du XVIIIe, vers 1733, qu’est apparue la première œuvre théâtrale écrite par un auteur cubain connue : El príncipe jardinero y Fingido Cloridano, du capitaine havanais Don Santiago de Pita.

Avec la création, en 1790, du Papel Periódico de La Habana, la bourgeoisie locale a conquis un espace important. Manuel de Zequeiro (1760-1846) et Manuel Justo Ruvalcaba (1769-1805) sont considérés comme les poètes les plus représentatifs du XVIIIe siècle. Chez ces deux poètes une conscience « cubaine » émerge progressivement par le biais de l’amour pour les richesses de la terre et des plaisirs que celles-ci procurent – dans leurs vers, ils ont fait l’éloge de l’ananas, du mamey et d’autres fruits tropicaux.

C’est cependant au XIXe siècle que naissent les grands poètes et que la tradition poétique cubaine commence à se renforcer. Des vers aussi profonds et magnifiques que ceux de Julián del Casal, Plácido, El Cucalambé, Juan Clemente Zenea, Gertrudis Gómez de Avellaneda, Juana Borrero, José Jacinto Milanés, Luisa Pérez de Zambrana, José María Heredia et José Martí attestent d’une poésie lyrique qui, bien que romantique, a su dans certains cas dépasser le domaine des sentiments pour produire des vers d’un engagement absolu. José Martí, le héros national cubain, a conjugué la maestria de sa plume créatrice et la direction des Cubains pendant la guerre d’indépendance.

La poésie du XXe siècle, inquiétante par sa diversité de styles comme le siècle lui-même, est représentée par José Zacarías Tallet, Regino Pedroso, Emilio Ballagas, Regino Botti, Nicolás Guillen, Carilda Oliver, Virgilio Pinera, José Lezama Lima, Roberto Fernández Retamar, Nancy Morejón, Antón Arrufat, Elíseo Diego (prix Juan Rulfo pour l’ensemble de son œuvre), Cintio Vitier, Fina García Marrúz, Mirta Aguirre, Pablo Armando Fernández, Ángel Augier, et Dulce María Loynaz (prix Cervantes de l’Académie espagnole).

^

LE CINEMA

Même si le premier film tourné à Cuba, Simulacro de un incendio, date de 1897 et que plus de 80 longs-métrages de fiction ont été tournés pendant la période républicaine, il faut attendre le triomphe de la Révolution pour que soient jetées les bases d’une industrie cinématographique qui œuvre en faveur du développement du cinéma national.

La fondation, en 1959, de l’Instituto Cubano de Arte e Industria Cinematográficos (ICAIC), a signifié un changement important pour les artistes de l’image en mouvement. La revue Cine cubano, créée en 1960 sous les auspices de l’ICAIC, a joué un rôle essentiel dans la divulgation des travaux théorique et de création. Cette année-là, le premier film de fiction, Historias de la Revolución de Tomás Gutiérrez Alea, est projeté. Cuba Baila, de Julio García Espinosa, sort également en 1960. Les films les plus importants de cette première étape, appelée par la critique « la décennie d’or du cinéma cubain », sont : La muerte de un burócrata (1966) et Memorias del subdesarrollo (1968) de Tomás Gutiérrez Alea, Lucía (1968) de Humberto Solas, et La primera carga al machete (1969) de Manuel Octavio Gómez.

L’œuvre exceptionnelle du documentariste Santiago Alvarez, qui s’étend sans interruption sur près de quarante ans, atteste, à travers des films aussi importants que Ciclón (1963), Hanoi, martes 13 (1967) et 79 primaveras (1969), de la virtuosité particulière de son auteur.

Au cours des années 70 sont tournés La última cena (1976) et Los sobrevivientes (1978) de Tomás Gutiérrez Alea, Ustedes tienen la palabra (1973) de Manuel Octavio Gómez, El hombre de Maisinicú (1973) de Manuel Pérez, De cierta manera (1974) de Sara Gómez, El Brigadista (1976) de Octavio Cortázar, Retrato de Teresa (1979) de Pastor Vega, et Un día de noviembre (1972) de Humberto Solas.

Les années 80 ont aussi fourni leur lot de grands films comme Papeles secundarios (1989) et Clandestinos (1987) de Orlando Rojas, La bella del Alhambra (1989) de Enrique Pineda Barnet, Cecilia (1981) et Un hombre de éxito (1985) de Humberto Solas, Una novia para David (1987) de Fernando Pérez, et Plaff (1989) de Juan Carlos Tabío. Le long-métrage d’animation Vampiros en La Habana (1985) de Frank Padrón, sorti également dans ces années-là, obtient un succès retentissant. 

Parmi les films des années 90, il faut mentionner Hello, Hemingway (1990) de Fernando Pérez, María Antonia (1990) de Sergio Giral, El siglo de las luces (1992) de Humberto Solas, Adorables mentiras (1991) de Gerardo Chijona, Fresa y chocolate (1993) de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío, La ola (1996) de Enrique Alvárez, Pon tu pensamiento en mi (1993) et Amor vertical (1996) de Arturo Soto.

Fresa y chocolate est le film qui a obtenu le plus de succès dans l’histoire du cinéma cubain. Nominé à l’Oscar du meilleur film étranger, il a permis à Cuba de pénétrer le marché cinématographique mondial. Le film La vida es silbar, de Fernando Pérez, a reçu le premier Prix du Festival du Cinéma latino-américain de La Havane. Nombre des films mentionnés précédemment ont obtenu, au fil des décennies, de nombreux prix dans des festivals nationaux et internationaux. 


^

LA PHOTOGRAPHIE

Cuba a aussi été magnifiquement illustrée par les photographes. Le 5 avril 1840, le journal havanais El Noticioso y Lucero informe de l’introduction dans l’île du premier appareil photo, arrivé le mois précédent, et qui avait été endommagé lors de la traversée.

Le protagoniste de cette nouvelle, Pedro Téllez de Girón, prit la première photo dont on trouve la trace dans les textes à partir d’un balcon de la façade principale du Palacio de los Capitanes Generales. Il semblerait que cette photographie se soit perdue ou que le temps, inexorable, en soit venu à bout. Il faut noter les apports réalisés, dans la phase initiale de la Guerre d’Indépendance, par le photographe José Gómez de la Carrera dont les reportages photos du conflit ont jeté les bases du reportage photo contemporain et ont marqué une étape qui n’a été que rarement dépassée depuis.

En 1882, est créée la première publication spécialisée : le Boletín Fotográfico. En 1887, la maison d’édition havanaise de Soler Alvárez publie le livre La fotografía al alcance de todos. La période qui va du début du siècle aux années trente est illustrée par des auteurs de l’envergure de Generoso Funcasta, López Ortiz, Martínez Milla et Ernesto Ocaña, entre autres.

C’est une période où l’image acquiert une grande importance à travers les diverses publications périodiques. L’œuvre de Joaquín Blez, photographe de la haute bourgeoise, mérite une mention à part en raison du goût particulier dont celui-ci fait preuve dans ses nus et ses portraits.

Dans les années qui précédent la Révolution, les clichés de Constantino Arias, Moisés Hernández, les archives du Diario de Cuba à Santiago ou celles de la Revista Bohemia ou du Diario de la Marina à La Havane, nous offrent un panorama complet de l’effervescence sociale qui régnait dans l’île. Survient la Révolution et, grâce à elle, apparaît autre groupe de photographes qui réalise certaines des images les plus diffusées de toute l’histoire. Alberto Díaz "Korda", Raúl Corrales, Osvaldo Salas (qui couvre la visite de Fidel Castro à New York en 1955) et Ernesto Fernández figurent parmi les photographes les plus reconnus de ces décennies-là.

La période qui suit le triomphe révolutionnaire est illustrée par les œuvres d’auteurs tels que Marucha, Mayito et Roberto Salas. Le premier Festival de la culture cubaine, réalisé en 1966 sous les auspices de la Casa de las Américas, intègre la photographie au concert des arts.

Le premier Festival de la photographie cubaine, qui s’est tenu en 1976 à Mexico, a été si bien accueilli que l’année suivante une autre exposition, « Histoire de la photographie cubaine », a été organisée dans cette même ville. Pendant la période récente, les auteurs ont travaillé l’essai photographique et la mise en scène. Les œuvres de Marta María Pérez, Rene Peña, Abigail González, Julio Larramendi et Cirenaica Moreira, entre autres, se distinguent par la beauté et le contenu de leurs compositions.  

^

L’ARTSANAT

 
À l’époque où le grand amiral génois Christophe Colomb découvre « l’île la plus belle que les yeux de l'homme aient jamais contemplée », la population cubaine est composée de communautés indigènes précéramiques et préagricoles. Les premières développent une culture lithique : elles utilisent des coquillages et des coquilles de mollusques pour fabriquer divers objets comme des couteaux, des récipients, des gouges, des colliers, et même certains vêtements - pour la vie de tous les jours comme pour les cérémonies. Les communautés agricoles et céramiques ont également développé la poterie qui, compte tenu du grand nombre de fragments et de pièces retrouvés, peut être considérée comme une activité importante de la vie économique et culturelle de ces groupes humains. Ces communautés ont également travaillé le bois et l’osier. Le bois a été employé aussi bien pour la construction des huttes que des canoës qui leur servaient à naviguer. Leur grande compétence en matière de travail du bois est attestée par des pièces comme les tambours appelés atabales ou mayohuacán.

Tandis que l’artisanat traditionnel de la plupart des pays d’Amérique centrale et du Sud conserve la trace de l’artisanat des premiers habitants, il est difficile, dans le cas de Cuba, d’établir des liens entre les pièces issues de la tradition artisanale actuelle et les pièces fabriquées par les indigènes. Cet héritage historique est parvenu jusqu’à nous par les chroniques réalisées à différentes époques de la conquête et par le travail des archéologues et des anthropologues. 

La culture africaine a apporté d’innombrables éléments à l’artisanat populaire. Les travaux à base de graines et les travaux en céramique figurent parmi les plus importants. Cet artisanat a dû, pour conserver ses éléments d’origine destinés au culte ou d’une utilité pratique, s’adapter à un milieu tropical - nouveau pour lui - et trouver de nouveaux matériaux et textures à même d’assurer la permanence et la continuité de ses traditions.

Aujourd’hui, la plupart des artistes qui font de l’artisanat (aussi bien comme forme d’expression d’artistique que dans le but de vendre des souvenirs aux touristes) sont des étudiants et des diplômés des écoles d’art, ou des personnes qui ont certaines connaissances en design ou dessein.

L’activité artisanale contemporaine a produit diverses pièces destinées à un usage pratique, en collaboration avec une industrie qui lui fournit des matières premières.

Julio César Garrido et Carlos Espinosa se distinguent par leurs pièces en cuir et en cèdre, destinées en particulier aux amateurs de cigares. Leurs pièces ont fait l’objet d’enchères lors des congrès Habanos, au début des années 2000. Il convient également de mentionner l’artiste et céramiste Alfredo Sosabravo qui a reçu, en 1998, le Prix national des Arts plastiques pour l’ensemble de son œuvre, dans laquelle la céramique occupe une place privilégiée.

^

ARCHITECTURE

Le modèle hispanique, provenant de l’architecture populaire du Sud de l’Espagne, a très vite été adapté aux caractéristiques climatiques locales pour répondre aux exigences de la vie sous les tropiques. Les demeures cubaines se caractérisent par d’amples baies vitrées et des balcons, ce qui leur donne une configuration ouverte favorisant la communication. L’emploi d’éléments filtrant la lumière, tels que les grilles et les vitraux medio punto colorés leur donne une touche très particulière. Les vastes arcs qui bordent les places et les avenues principales ont inspiré le grand écrivain Alejo Carpentier lorsque celui-ci a surnommé La Havane : « la ville des colonnes ». Le rythme de façades, aux tuiles rouges et aux balcons à balustrades en bois, crée des jeux de contraste entre texture et couleur. 

Au XIXe siècle, le style néoclassique donnera une touche de distinction aux demeures de la bourgeoisie locale. Le Palacio de Aldama et la Calzada del Cerro à La Havane, attestent du haut niveau artistique atteint par l’architecture de cette époque-là.
Au fil du XXe siècle, l’espace urbain subit d’incessantes influences architecturales. L’Art nouveau (amené par les maîtres catalans), l’éclectisme (qui s’impose et se généralise), les divers « néo » et l’Art déco (qui marque la naissance du mouvement de type rationaliste) ont fait de nos villes, et en particulier de La Havane, des espaces à haute valeur patrimoniale du fait de la coexistence de multiples styles qui contribuent au plaisir visuel urbain.

Le système de fortifications militaires de la capitale est particulièrement intéressant. Il est composé de la forteresse de La Cabaña (la plus grande d’Amérique), du Castillo de la Real Fuerza (la première forteresse à bastions du continent), du Castillo de los Tres Reyes del Morro et du Castillo de La Punta. En dehors de La Havane, il est également possible de visiter le Castillo de Jagua (à Cienfuegos), la forteresse de San Pedro de la Roca (à Santiago de Cuba) et le Fuerte de Matachín (à Baracoa).

De plus, le pays compte deux villes qui ont été déclarées Patrimoine de l’humanité en raison de leur grande valeur architecturale : La Habana Vieja (la Vieille Havane) et Trinidad.

^

L’HISTOIRE RACONTEE PAR LES TIMBRES
 
Cuba et Porto Rico ont utilisé les mêmes timbres jusqu’en 1876. Mais dès 1873, du fait du trafic d’argent entre Cuba et Porto Rico, les timbres de cette dernière colonie ont été à nouveau tirés avec des oblitérations particulières.

En 1877, chacune des colonies, après être devenue membre de l’Union générale des Postes (aujourd’hui Union postale universelle), a utilisé ses propres timbres. En 1860, des timbres sont tirés pour la première fois à Cuba (selon un procédé lithographique) : le premier à l’effigie d’Isabelle II et le second des postes espagnoles. Ces timbres ont circulé dans l’île en même temps que ceux tirés en Espagne. 

Pendant la République néocoloniale, de nombreux timbres sont émis pour rendre hommage à de grandes personnalités de la culture ou pour commémorer la guerre d’indépendance contre l’Espagne, ainsi que d’autres évènements politiques et sociaux. 

Le premier timbre remplaçant le mot « Outremer » par celui de « Cuba » est émis en 1877 (à l’effigie de Alfonso XII). Le premier timbre sur lequel figure le nom « Ile de Cuba » est émis en 1890 (à l’effigie de Alfonso XIII). Pendant la guerre de Dix ans, les mambises créèrent leur propre service postal et tirèrent deux timbres, portant tous deux l’écusson de la République. Après l’intervention étasunienne, les timbres portèrent cinq bandes horizontales et furent réalisés en cinq tirages distincts. Ensuite, une série générale fut émise à caractère plus illustrative que documentaire. D’autres travaux oscillèrent entre le poétique et l’ironique.   

En 1930, un timbre d’une valeur de 10 centimes est émis suite à l’inauguration des lignes aériennes nationales.

Le 28 janvier 1959, un timbre filigrané D et dentelé est émis pour fêter le triomphe de la Révolution. En 1960, une série portant la mention « Centenaire du timbre » est lancée et se vend au prix de deux réaux. Les années suivantes voient l’émission de séries importantes : 1967 – série de cinq timbres consacrée au Musée national, à filigrane F, à dentelure, tirée à 125 000 exemplaires ; 1973 – série consacrée à la cartographie colonial cubaine, à dentelure de 12 ; 1975 – première série de six timbres consacrée aux espèces d’oiseaux endémiques,  à dentelure de 12 , tirée à 786 000 exemplaires ; 1976 – deuxième série  consacrée aux espèces d’oiseaux endémiques, tirée à 886 000 exemplaires ; 1976 – timbre en hommage à la 5ème Exposition philatélique nationale, 89 x 99 mm, à dentelure de 12 ; 1978 – série consacrée aux fleurs du Jardin botanique national, à dentelure de 12, tirée à 666 000 exemplaires ; 1978 – la série peintres cubains consacre un timbre à Amelia Peláez, à dentelure de 12, tirée à 635 000 exemplaires.

Au cours des dernières années, la philatélie cubaine a acquis un prestige international en raison des manifestations organisées sur l’île mais aussi de la grande valeur des collections privées et publiques qui illustrent, dans toute sa cohérence, l’histoire du timbre-poste cubain. 

^

LES COCKTAILS

Le rhum cubain est élaboré à partir du jus de canne. Son vieillissement, qui se fait naturellement, dans des fûts de chêne blanc, est favorisé par le climat chaud et humide de l’île.

Le rhum cubain qui jouit du plus grand prestige international est le Havana Club, marque fondée en 1878 et qui présente plusieurs produits : Silver Dry, Añejo (vieilli) 3 ans, Añejo 5 ans, Añejo 7 ans et Añejo réserve. Le meilleur, de par sa qualité, est le Añejo 7 ans, qui se boit « on the rocks » (avec des glaçons) ou « strike » (sec).
Les cocktails les plus typiques sont le mojito (celui que l’écrivain américain Ernest Hemingway préférait boire à la La Bodeguita del Medio, établissement devenu depuis un endroit mythique et incontournable), le daiquirí qui se prend au Floridita et qui rafraîchit tellement lorsque sévit la chaleur tropicale, le traditionnel Cubalibre et le Havana Special.

Pour préparer un mojito : mélanger du sucre (une petite cuillerée), le jus d’un demi citron, quelques feuilles de mente et des glaçons. Ajouter 4 cl de rhum blanc Havana Club, du soda et agiter le tout.

^

FETES NATIONALES

À Cuba, les jours fériés sont :

• 1er janvier – Triomphe de la Révolution
• 1er mai – Fête du travail
• 25, 26 et 27 juillet – Journées du soulèvement national (anniversaire de l’assaut de la caserne Moncada)
• 10 octobre – Début de la Guerre d’indépendance (le jour où Carlos Manuel de Céspedes a libéré ses esclaves - premier propriétaire à le faire)
• 25 décembre - Noël

^

5 Héroes